lundi 10 juillet 2017

MONT BLANC PAR L'ARÊTE NORD DU DÔME...ITINERAIRE DE 2 ENFANTS GATÊS !!

 Quand arrive la quarantaine, la vie vous fait des cadeaux...si si ! Parfois, c'est votre compagne qui s'occupe de vous offrir un truc auquel vous aviez à peine pensé, voire à peine rêvé ou envisagé !! 
Le Mt BLANC 😱😱... 




S'il m'est possible de rencontrer les gens avant de partir sur des sommets en altitude, je préfère...Aussi, je propose à Ludo, l'heureux "quadra" et à Yann, le second acolyte, de faire une course en montagne pour faire plus ample connaissance. L'arête "Nord-Ouest" au Taillon sera parfaite pour voir et revoir qqs techniques de cordes et valider le programme qui va suivre. 













Cette journée de canicule nous "lyophilise" littéralement et c'est naturellement chez Philippe à la grange de Holle que nous posons notre sac à dos pour boire un coup avant de nous séparer en nous disant à très vite au Mt Blanc !!




Cette semaine "alpine" va commencer en nous rendant chez Bénédicte au "moulin Papillon" dans le massif des Écrins. Le but étant de faire de la belle montagne, en altitude et si possible sans trop de monde...Le Pelvoux bien sur !

Comme un clin d’œil depuis la route, le Pelvoux apparait à mes alpinistes amateurs ! je leur montre aussi le pic sans nom et le fameux "coup de sabre".....la "brèche de Roland" des pauvres !!!



Qqs Lys Martagon et joubarbes à toile d'araignée plus tard, nous laissons le parking d'Ailefroide derrière nous pour nous rendre au refuge du Pelvoux... 




La montée nous dispense, si l'on est attentif, qqs distractions animales pour rompre un instant, une certaine monotonie lors des accès au refuge... 



Damien dans son genre est aussi un drôle d'animal !! Fin connaisseur de ce qui fut longtemps considéré comme le plus haut sommet des Écrins....le massif du Pelvoux.




L'histoire des Alpes du Sud est d'une grande richesse...comme partout me direz vous ? Mais les ancrages sont forts en ces terres, et le souvenir du passage des anciens, les traces qu'ils y ont laissé sont encore vives et respectées...Damien est donc un passeur à sa façon et donne un relais aux guides, qui partirons "matin" pour la traversée du Pelvoux, ou bien celle des arêtes de Sialouze avec les précieux conseils du "concierge local" ! 




En attendant, les prétendants à la bosse de "4810" doivent d'abord réussir demain le presque 4000 de la pointe "Puiseux" mais se prélassent pour l'heure, dans les transats de la terrasse sur fond de Mt Viso...une autre grande montagne !



Le couloir "Pélas-Vernet" sur la gauche...une presque classique à skis !



L'ascension du couloir "Coolidge" au Pelvoux n’excède pas les 50° de pente...mais gare à la descente qui fera que vos yeux, plus l'imagination d'une chute dans ce vaste toboggan accompagnée du stress qui va avec, fera que la pente pourra atteindre des inclinaisons "mentales" plus vertigineuses encore !!




Les Bans et la falaise de "Céüse" juste à sa gauche !


Depuis la-haut, notre objectif Mont-Blanc prend forme avec la toute première vue de son sommet par mes vaillants montagnards...


Je ne manque pas de leur signifier au passage, la présence de la grande Ruine au 1er plan...



De la barre des Écrins bien sur, seul 4000 dans la ronde des cimes du sud...


Et de l'incontestable beauté sauvage d'une des reines de l’Oisans...j'ai nommé la MEIJE ! (et son pavé à droite)





La descente vers la vallée s'accompagnera de qqs fleurs et chamois suffisants (?) à faire passer le 2500 mts vers le bas !!








La terrasse du "moulin papillon" prend des allures ce matin d'ambiance à la "Pagnol"...mais pourquoi donc prendre la route vers les glaces du Mt blanc ? Il suffirait de patienter tranquillement midi, pour mettre ces mêmes glaces dans une bonne "mauresque" avec qqs olives provençales....l'alpinisme est bien une quête parfaitement inutile !! 

A suivre...




Sur la route du Galibier, la barre des Écrins, le râteau, la Meije encore, nous dévoilent les charmes de leurs versants lumineux... 



De cols mythiques en routes escarpées, nous posons notre bardas sur les pelouses de l'auberge de Bionnassay. Gite d'étape aux confins des Contamines, au pied de l'aiguille au nom éponyme de cette auberge à la cuisine typique (Diot/polenta/salade) le triptyque de rigueur en haute-Savoie ! Cette aiguille, satellite du Mt Blanc, est voisine du refuge du Gouter qui devrait nous voir passer pour notre dernière nuit la-haut...


Avant cela, c'est prépa des sacs car demain nous prenons le chemin de la voie historique du Mont-Blanc...la voie des grands Mulets !!



C'est au beau milieu d'une boite de sardines remplie de Japonais que la benne de l'aiguille du midi nous hisse au "plan de l'aiguille"...station intermédiaire.
Incrédules, Ludo et Yann pensent: "Oussahmen Labenne" ?!!




Négociation des moraines avants de prendre pied sur le glacier des Bossons...merci les cordes fixes !!




le point orange, c'est le refuge !

Notre objectif aujourd'hui est de retrouver Ludovic, gardien du temple et du refuge des "grands Mulets" - 3057 mts - Ses précieux conseils au téléphone nous aideront au travers du jeu de piste que peut être parfois l’accès à cette vigie en plein ciel ! 





Cette seule journée en haute montagne pourrait ravir bon nombre d'alpinistes tant elle se déroule dans un cadre sauvage....Cela est parfois rare et précieux de nos jours dans le massif du Mt Blanc !





Étant habitué à pratiquer ces montagnes dominant Chamonix, j'avoue ne plus être surpris de retrouver autant de monde, parfois même des connaissances dans un refuge, sur un sentier, dans la file d'attente d'une remontée mécanique...Je réalise soudain que cette approche du Mt Blanc, par ce versant historique est une grande chance, mais aussi l'occasion de faire déjà du bel alpinisme facile avec le sentiment "réel" d'êtres seuls...enfin. c'est l'effet d'un Chamonix surpeuplé !! 




Au détour d'une crevasse, je vais trouver et ramasser une broche à glace "relique" que le glacier à recraché...c'est cadeau pour Ludo le gardien, qui pourra rajouter cette pièce au dossier "à charge" des alpinistes qui n'ont eu que ces maigres bouts de fer à opposer à la glace à une époque...


Si le mauvais temps vous bloque au refuge, vous n'aurez pas tout perdu....des dizaines de livres de montagne et d'aventures vous occuperons...grimper moins con, c'est bien aussi ?!!! 




Cet autocollant du refuge, résume assez bien le choix et l’intérêt de tenter le Mt blanc par cet itinéraire de l'arête nord du dôme (ici en mode skis). Son engagement se limite finalement après les traversée de moraines depuis le plan de l'aiguille, à cheminer/louvoyer au milieu de qqs crevasses, en restant à l'abri des séracs sur le "plan glacier", pour rejoindre enfin les pentes raides sous le refuge. Bien sur, le gardien sera toujours à même de vous donner les clefs du moment pour un passage en particulier...Mais bon, vous êtes alpiniste, ou peut-être avec un guide ?!
C'est finalement en Avril/Mai que cet itinéraire prend tout son sens...





La suite se déroule "au matin du second jour" (à ne pas confondre avec le matin du 3eme jour ou Jésus à quitté son bivouac vers le ciel !!) c'est donc sur le profil de la photo ci-dessus qu'il faudra s'encorder court dans un premier temps, puis "tirer" 3/4 longueurs -selon- sur des pentes raides et fournies en neige dure/glace pour y mettre qqs broches ou piolets solides. La encore, vous êtes alpinistes avant de devenir marcheurs, à la croisées de l'autoroute du Sud, aux environs des 4300, prés du dôme du gouter... 






Ici, Ludo (pas le gardien ! ) mais Ludo un de mes 2 prétendants au sommet du Mt Blanc, profite de l'air pur, prés des toilettes -si si - et hésite encore finalement à confier "son offrande" les fesses posées au dessus de plusieurs centaines de mts de vide ! 






Ce petit mot griffonné sur un mur du refuge et signé "cri-cri", et n'est autre que qqs pensées de Christophe Profit...Nous passerons une soirée avec lui ainsi que ses deux clients...ils reviennent de l'Aiguille de Bionnassay. Au cours du repas, je le remercierais de m'avoir fait rêver au milieu des années 80 avec ses solos et aventures dans les faces nord...touché, il rajoutera plus tard que mes propres clients ont de la chance d'avoir un guide qui leur propose l’ascension du Mt Blanc par ce versant déserté par les foules. Ludo, -le gardien- est à sa juste place dans ce refuge. Il se contente des qqs passages des montagnards qui passent ici tous les jours. Si il y en avait davantage, cela serait mieux car l'équilibre n'est pas atteint quand on voit la nuée de gens qui se concentrent sur l’itinéraire du Gouter. C'est aussi une belle posture de la part de Profit, de "résister" et de donner l'exemple dans ce recoin du massif, qu'il connait comme sa poche, pour y pratiquer une montagne moins consumériste et malgré tout accessible à plus de monde, à plus de guides...aussi ! Ludo, à trop fréquenter Profit (!!! ils sont amis) rêve encore les yeux ouverts, à des montagnes libres, pures et désintéressées. Figurez vous et ce n'est pas un hasard, qu'il a vraiment aimé cet aspect la de nos montagnes Pyrénéennes !  



Dans ce clivage de l'offre et de la demande, j'essaie modestement dans mon coin d'offrir le maximum à mes clients, justement en fonction de leur demande. Sur ce point, Yann et Ludo donnerons aussi leur maxi pour atteindre ou presqu'atteindre le sommet à 4810...





Au matin, le spectacle est éblouissant...la pente soutenue.




Vers l'Est, la lumière nous gagne à grands renforts de jaune, d'orange, de rouge...Cela correspond à notre arrivée au dôme du Gouter à 4300. Yann commence à sentir les effets du manque de globules et présente déjà les signes d'une acclimatation incomplète. A ce point de croisée avec la voie normale, je confie Yann à Philippe, un guide qui amorce la descente sur le refuge du Gouter...merci à lui, car ainsi fait, nous pouvons reprendre la route vers le sommet avec Ludo.



Courte pause à l'abri Vallot avant d'affronter le vent d'Ouest qui couvrira le sommet d'un nuage...Ludo pensait avoir la caisse ! Bien sur qu'il l'a la caisse, mais il se fait secouer par cette sensation de ne plus pouvoir avancer et par son guide qui le menace du demi-tour...(tactique de guide !) c'est au milieu du brouillard que nous franchissons l'arête des bosses puis les qqs ressauts avant la crête, plate, annonçant le sommet !! 



Sommet ! Bravo Ludo, courage Yann, merci Lætitia !




Le brouillard se déchirera enfin à la mi-journée, nous laissant le temps de profiter de la somptueuse descente vers le refuge du Gouter...




La fameuse aiguille Bionnassay dans le prolongement des dôme de Miage représente ce que l'on nomme la traversée Royale. En passant ensuite au sommet du Mt Blanc puis en poursuivant vers le Mt Maudit, le Tacul et l'aiguille du midi, vous avez réalisé une des plus grande course de neige du massif ! 


Antoine Rattin est un collègue de promo, et accessoirement le "boss" du refuge. Avec son équipe, ils réussissent le tour de force de rendre la halte agréable, la table succulente et copieuse (ils cuisinent du frais et donc fait maison !), la couche confortable et dans une ambiance détendue...cela aide pour le projet du lendemain !   
Merci Antoine pour nous avoir reçu en dernière minute, pour avoir pris le moment pour discuter, et pour le soin de ton accueil !  





Les environs du refuge ne sont fait que de chaos glaciaires et de pans de roches délitées...!


l'ancien refuge du Gouter...



Au matin, certains s'équipent pour le sommet...nous c'est vers le bas que nous quittons peu à peu cet univers de haute montagne. Yann et Ludo auront été réceptifs comme des papiers buvard  à toutes les figures et paysages qu'ils ont traversé depuis ces derniers jours.








la descente sur ce vague éperon accroché à un câble nous donnera accès au média/mythico/terrifiant couloir de " la muerté" . franchi vers 9h, sa traversée sera calme, hormis une chute de pierre qui confirmera bien que ce n'est pas un endroit sous lequel il ne fera pas bon prendre son pique-nique...



Le bouquetin...une des plus paisible bestiole que l'on croise en haute montagne...quid de ce qu'il mangent ? de ce qu'ils boivent ? de ce qu'ils vivent la-haut !!



l'arrivée au "nid d'aigle" marque la fin de l'usure de nos genoux. Calés dans le petit train à crémaillères, nous regagnons la vallée et sa suffoquante chaleur. 


En altitude, le temps change. aujourd'hui c'est qqs nuages laisserons le temps à certains de fouler la cime de la bosse à 4800... Mais ces nuages  recouvrant les sommets n’annoncent rien de bons pour la suite. Cela n'est plus notre problème, la chance nous a souri du Pelvoux au Mt Blanc. Cette chance il faut la provoquer un peu, la saisir quand elle se présente, s’estimer heureux et reconnaissant de pouvoir évoluer dans ces univers encore privilégiés...



Et si nous n'avions pas pu tenir notre programme, David votre guide, aurait surement trouvé un plan B pour faire vivre l'aventure sous une autre forme !

Alors merci les gars de votre confiance et encore bravo pour avoir donné de votre temps à la montagne, aux rencontres et au partage ! 

 bientôt, David.

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